Mercure Galant Page 6
      
Changement de titre...

 

 En 1724, le périodique prend le titre de Mercure de France, jusqu'en 1820.

 

"L'Académie ayant découvert par les Expériences de M. Richer, faites à Cayenne en 1672, que la pesanteur était moindre dans cette Isle voisine de l'Equateur, qu'elle n'est en France, M. Huygens, M. Newton et plusieurs autres Géomètres en concluent que la Terre devait être aplatie vers ses Pôles. C'est pour vérifier ce fait et connaître précisément la figure de la Terre et la véritable grandeur des degrés de longitude dans chaque parallèle, que la Cour a envoyé depuis près de trois ans plusieurs Astronomes de l'Académie au Pérou et qu'un an après elle donna ses ordres pour le voyage dont nous rendons compte..." Mercure de France, novembre 1737.

   

Premier volume du Mercure Galant,  25 mai 1672

 

   

 

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Construction du château de Versailles

Un périodique au service du pouvoir

 

 "Je vous avais promis, Madame, de vous mander toutes les Modes nouvelles...Les Femmes ne portent plus de Manchettes tombant sur les bras; le bout où est la dentelle est présentement relevé comme les Manchettes d'Hommes. Elles portent des Gands taillez comme ceux des Hommes, avec une dentelle d'or; leurs souliez estant présentement un peu plus quarrez qu'à l'ordinaire, elles tâchent d'imiter les Hommes en beaucoup de choses... De Paris, ce 23 Avril 1672" ( Mercure Galant ).

 

Le Mercure Galant parut de 1672 à 1674. En 1677, il devint Le Nouveau Mercure Galant et Le Mercure Galant de 1677 à 1714.

Le Nouveau Mercure Galant reparut de 1714 à 1716. Un Nouveau Mercure est imprimé à Trévoux jusqu'en 1721 et Le Mercure peut également se trouver de 1721 à 1723...

Des éditions régionales du Mercure Galant circulent aussi dans les provinces...

Pas simple de s'y retrouver!

     

     

" Je ne dois pas oublier, Madame, que je vous ai promis la suite des Conversions qui se sont faites dans le Béarn, pendant le mois de juin 1685. Depuis le commencement de mars jusqu'à la fin de mai, plus de 4500 personnes ont abjuré l'Hérésie de Calvin dans cette province. Ces heureux succès ont continué et, dans les premiers jours de juin, ont produit plus de 3000 abjurations. La ville entière de Salies a été complètement réduite. Mr. Foucault, Commissaire de Sa Majesté, a engagé les Seigneurs catholiques qui ont des terres où il y avait des Religionnaires, à aller incessamment travailler à leur conversion, en quoi ils ont agi si efficacement qu'ils les ont presque tous ramenés à l'Eglise... Je n'ai pas bien su quels moyens on employa pour réussir dans cette entreprise, mais au bout d'onze jours, les habitants de Pau, envoyèrent des Députés pour dire qu'on les avait enfin rangés sous les Loix et qu'il ne fallait pas des mains moins puissantes  pour rendre la vue aux aveugles..." Mercure Galant, août 1685.

Une presse muselée

 

En 1672, Donneau de Visé lance un nouveau périodique : Le Mercure Galant. D’abord trimestriel, l’ouvrage devient rapidement un mensuel de 350 pages qui traite de l’actualité mondaine. Le rédacteur présente ses différents articles comme s’il écrivait à une dame.
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« Je croyais ne vous parler de la Galerie qu’on fait à Versailles, qu’après qu’elle seroit achevée ; mais il n’y a pas moyen de me taire d’un morceau, qui pendant sept ou huit jours qu’on l’a laissé découvert, a fait l’admiration de toute la Cour…Mr Lebrun en a fait tout le dessein… Les grands tableaux sont de sa main & le tout ensemble représente l’Histoire du Roy par allégories. Les fortes expressions, qui sont si naturelles à cet Homme tout merveilleux dans son Art, jointes à la grandeur du sujet & à la crainte pleine d’admiration & de respect qu’imprime la Personne de nostre auguste Monarque représentée en plusieurs endroits, ébloüïssent tellement les yeux, que pour les tenir trop attachez à ce qu’on ne peut assez regarder, on demeure dans une agréable extase dont on voudroit ne sortir jamais… ».
Mercure Galant, Aoust 1681.

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Vous connaissez Mr. de Visé. C'est l'auteur du Mercure Galant. Il y a trente-cinq ans qu'il le commença et il l'a toujours continué depuis. Le public lui a l'obligation d'avoir le premier introduit l'usage de ces journaux qui se donnent tous les mois et dont l'utilité est si générale et si grande. Ceux qui sont accoutumés de lire ses ouvrages savent que son grand et principal but est de se rendre agréable à la Cour et que ce dessein déterminé l'emporte chaque mois en des raisonnements si outrés et en des narrations si fabuleuses que l'on ne peut les lire sans en être surpris. On doit croire qu'il ne l'ignore pas, mais comme il y a trouvé jusqu'ici son compte, il continue et il le fait d'autant plus volontiers qu'il s'est vu toujours approuvé, protégé et favorisé de la Cour. ( Lettres Historiques contenant ce qui s'est passé de plus important en Europe, août 1709 par Jacques Bernard, Jean du Mont...)

Les ragots du Père Duroseau

BETES FEROCES...Y A UN OS!!

Au 18è siècle, on tentait, à l'inverse de la période actuelle, de faire disparaître les animaux qui présentaient un danger pour l'espèce humaine. Voici un extrait du Mercure de France  en date du 9 août 1788 qu'il ne faudra pas manquer de mentionner sur les brochures touristiques... " Selon une lettre de Cannes, en Provence, du premier de ce mois, la bête féroce dont nous avons annoncé les premiers ravages dans cette contrée, a été tuée de la manière suivante: Les Consuls de Cannes, informés que cet animal venait d'étendre ses ravages sur leur territoire et d'estropier deux habitants, ont fait armer cinquante paysans, auxquels se sont joints la plupart des Bourgeois et cavaliers de la Maréchaussée. Après une chasse et un travail des plus pénibles, le sieur Ferrond aperçut l'animal à 80 pas, lui lâcha un coup de fusil et le blessa à l'épaule. La bête, furieuse, fuit avec rapidité et échappa à la pousuite des chiens. Dans sa course, elle tua deux moutons et s'élança sur un enfant, auquel elle enleva une partie du crâne. Un berger, bravant le danger, se précipita sur l'animal, s'en saisit et le serra étroitement, en appelant du secours, jusqu'à ce que des paysans survinrent et achevèrent de le tuer. Il a été reconnu pour une hienne... Il a paru, à la fin de juin, dans les environs de Fréjus, deux animaux de la même espèce, qui ont déjà dévoré trois personnes..."

 
 MONARCHIE et liberté, la sauce ne prend pas...!!

Dès le mois d'Août 1685, des Edits contre les Protestants sont publiés dans le Mercure Galant:" Il est temps de vous parler des nouveaux Arrêts du Conseil d'Etat contre les Prétendus Reformés. Leur grand nombre vous confirmera ce que je vous ai dit plusieurs fois, que la destruction de l'Hérésie est la principale affaire à laquelle Sa Majesté applique ses soins... Il y en avait déjà eu un du 14 mai, par lequel Sa Majesté avait fait défense à ceux qui sont commis pour la réception des Imprimeurs et Libraires, d'en admettre à l'avenir aucun de la Religion Prétendue Réformée. On empêchait par là que les Libraires de cette Religion, ne pussent vendre des Livres et autres Ecrits mêlés de Discours scandaleux et diffamatoires, contre le respect dû aux vérités catholiques... Sa Majesté a ajouté de très expresses Défenses à tous les Libraires et Imprimeurs de la Religion Prétendue Réformée, de faire à l'avenir aucunes fonctions de Libraires... Le second Arrêt, rendu le 9 juillet au Conseil d'Etat, est fondé sur ce que ceux de la Religion Prétendue Réformée ont conservé des Cimetières en plusieurs Villes et Lieux du Royaume, où l'exercice de cette Religion a été interdit, et qu'ils continuent à y enterrer les corps morts. Comme ils ne peuvent faire ces Enterrements sans y paraître publiquement assemblés, ce qui est contraire aux Défenses de faire aucun Exercice, et que d'ailleurs les Peuples n'étant pas plus accoutumés à voir dans ces Lieux l'exercice d'une Religion différente de la leur, de pareils Enterrements pourraient donner lieu à des émotions populaires, Sa Majesté, voulant y pourvoir, a ordonné que dans les Villes, Bourgs et Lieux Du Royaume où il n'y a plus d'exercice de la Religion Prétendue Réformée, ceux de cette Religion ne pourront y avoir des Cimetières et qu'ils seront obligés de délaisser dans six mois ceux qu'ils y ont à présent, leur étant permis de se pourvoir d'autres Cimetières hors de ces Villes... le roy par arrêt du 4 mars 1683, ordonna à tous les Officiers de sa Maison et des Maisons Royales, faisant profession de la Religion Prétendue Réformée, de se démettre de leurs Charges, les déclarant déchus de tous les Privilèges qui pourraient y être attribués, a donné un nouvel Arrêt le 13 juillet par lequel Sa Majesté déclare toutes Veuves d'Officiers de sa Maison qui font profession de la Religion Prétendue Réformée, déchues de tous les Privilèges... Il y a eu cinq Déclarations du Roy, enregistrées au Parlement le 26 juillet portant qu'aucun de ses Sujets Catholiques ne puissent sous quelque prétexte que ce soit, servir en qualité de Domestique les Prétendus Réformés... Qu'à l'avenir, ceux de cette Religion ne seront plus reçus Docteurs aux Lois, Avocats, Procureurs..." Mercure Galant, août 1685.

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