La révolution de 89 Page 13

 

 

 

LE DEFICIT...

DEJA !!!

Dans son No 25 du 5 octobre 1789, Marat, l'Ami du Peuple, nous propose ceci:" Qu'appelle-t-on la dette nationale? Les dépenses énormes ou le faste et les vices scandaleux de la Cour, l'inconduite, les déprédations et les folies du Gouvernement ont constitué la Nation, les dons immenses que le Prince a prodigué et prodigue encore à ses créatures; les engagements onéreux qu'il a contractés pour anticiper sur les revenus publics. Et c'est par des transactions aussi criminelles que l'Etat est à deux doigts de sa perte! Et c'est pour consacrer des engagements de cette nature, que la Nation se constitue solidaire! Et c'est pour assurer les moyens de les remplir, que le premier Ministre des Finances, après avoir perdu la Nation, en lui inspirant la science de l'agiotage, grève chaque Citoyen d'un impôt vexatoire! Et c'est pour les consacrer que les classes, même les plus indigentes, se privent de leur dernière ressource! Le Ministre connaît à fond tous les côtés faibles des Français: il a spéculé sur leur vanité. Qu'à sa sollicitation, le Prince envoie sa vaisselle d'argent à la Monnaie, c'est un acte d'ostentation peu méritoire. Que lui fait la perte d'une argenterie peu méritoire. Que lui fait la perte d'une argenterie entassée dans ses buffets? Sa table n'en est pas moins couverte. Que dis-je, c'est un faux sacrifice, onéreux à l'Etat: bientôt cette superbe vaisselle sera remplacée par une vaisselle plus superbe encore. Que des Ministres opulents imitent l'exemple du Prince: rien de mieux; le faste jure avec leur caractère apostolique et le sacrifice de leur vaisselle n'est qu'une petite restitution du bien des pauvres dont ils jouissent et des appointements énormes qu'ils tirent de l'Etat. La fureur de louanger tout ce qui vient des grands de ce monde, est portée parmi nous  jusqu'à la folie. Qu'on se rappelle les éloges dégoûtantes, dont les papiers publics étaient remplis à la nouvelle de l'ordre qu'avait donné le Monarque, de ne plus servir de pâtisserie sur sa table pour ménager la farine destinée à son Peuple affamé. Qu'un Administrateur des Finances, gorgé d'or, verse 100.000 livres dans le Trésor public; rien de mieux, c'est une petite restitution des sommes immenses, qu'a soutirées des Rentiers alarmés, son pouvoir magique de l'agiotage... Mais que des indigents se cotisent pour donner à l'Etat le denier de la veuve; qu'un Ministre opulent les y invite sans pudeur et que l'Assemblée nationale y souscrive sans examen: voilà de ces traits inconnus dans l'histoire. O Français! serez-vous donc toujours dans l'enfance?..."

Serment du Jeu de Paume

 

Journal patriote 1789

 

 

 

Prise de la Bastille, 1789

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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                 Le peuple s'en mêle

 

Louis 16, n’écoutant que son entourage proche, veut sermonner les députés car il refuse la nouvelle puissance de l’Assemblée. Jusqu’au 22 juin, la salle des Menus-Plaisirs reste close, interdisant toute nouvelle réunion. Mirabeau, dans la treizième lettre à ses Commettans, son nouveau journal, déclare : « …La salle des Etats-Généraux, fermée aux Représentants du Peuple, dans le moment où ils commençaient à se mettre en activité ; le spectacle inouï de l’Assemblée Nationale réduite à quêter un asile, à prendre l’attitude d’un attroupement illicite, à n’avoir que des séances précaires ; tout, jusqu’au prétexte même dont on avait tâché de colorer cet incroyable attentat contre la liberté publique, tout semblait annoncer les projets les plus sinistres. En vain, cherchait-on à rassurer les Citoyens par des avis ministériels ; ces avis devenaient un nouveau sujet d’alarme… »
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Necker conseille l’égalité fiscale, l’accès pour tous aux emplois publics et le vote par tête. Le Roi accepte, mais Marie-Antoinette le pousse à ne pas céder aux rebelles. Les Députés finissent par se réunir le 20 juin dans la salle du Jeu de Paume où ils jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné à la France une Constitution.
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Le 23 juin, Louis 16 prononce un discours ferme et menace de suspendre les Etats-Généraux. Beaucoup de Représentants ne quittent pas la salle en signe de protestation. Peu après, le Roi ordonne le vote par tête et la réunion des Députés des trois Ordres.
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Le peuple s’échauffe car il craint une riposte des aristocrates. Le Monarque augmente la force militaire à Paris et à Versailles. L’Assemblée Nationale demande au souverain d’éloigner les soldats. Voici sa réponse dans la dix-neuvième lettre de Mirabeau : « …Ce n’était nullement pour porter atteinte à la Sûreté des Etats, mais pour rétablir le calme…Personne n’ignore les désordres et les scènes scandaleuses qui se sont passées et renouvelées sous mes yeux et sous ceux des Etats-Généraux. Il est nécessaire que je fasse usage des moyens qui sont en ma puissance pour remettre et maintenir l’ordre… »
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Necker et trois ministres sont renvoyés. Mounier propose d’adresser une députation au Roi pour lui demander le rappel des exclus. Le 13 juillet, une foule immense se rassemble au Palais-Royal, force les barrières, enfonce les magasins des armuriers. Plus de 2000 hommes en armes, menaçaient d’attaquer les troupes des Champs-Elysées. Le Roi refuse d’enlever l’armée et l’Assemblée insiste sur son éloignement. La gazette de Liège, comme beaucoup d’autres journaux, nous éclaire sur la journée du 14 juillet : « Assemblée Nationale … Tout à coup a paru M. le vicomte de Noailles arrivant à toutes brides de Paris… Il a dit ce qu’il avait vu lui-même ; toute la bourgeoisie de Paris en armes et dirigée par les gardes-françaises…les canons des invalides et leurs fusils enlevés ; toutes les familles nobles obligées de se renfermer dans leurs maisons ; la Bastille forcée ; M.de Launey, son Gouverneur, qui avait fait tirer sur les citoyens, égorgé… »
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Prudhomme et Tournon, dans le numéro 1 des Révolutions de Paris fournissent une gravure de l’évènement et écrivent : « …Dès qu’on sut le départ de M. Necker, la consternation fut générale ; le peuple désespéré, cherchant un terme à ses maux, incendia plusieurs barrières, se porta en divers lieux…Le 12 juillet, on a porté le buste de M. Necker en triomphe…Le cortège était nombreux…Un détachement de Royal-Allemand a voulu faire main-basse sur le peuple : on a lancé des pierres ; les soldats se sont jetés parmi la populace…Ces lâches ont osé tirer sur le peuple : un garde-française a été tué et quelques personnes blessées…Le prince Lambesc, cet odieux aristocrate, a paru au pont des Tuileries, accompagné de sa troupe : il a eu la basse cruauté d’abattre à ses pieds, d’un coup de sabre, sans motif, un vieillard qui se retirait. Des jeunes gens ont voulu s’avancer, mais les soldats ont fait feu…L’alarme s’est répandue : des citoyens désespérés sont allés au Palais-Royal en criant : aux armes ! Un coup de canon, tiré du dépôt des gardes et secondé d’un feu roulant, a forcé les étrangers du Royal-Allemand à fuir précipitamment en laissant onze des leurs, tués ou blessés…
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Lundi 13 juillet, l’Assemblée Nationale a envoyé une députation au Roi, pour lui présenter l’état de la capitale…Toutes les barrières ont été incendiées et aucune marchandise n’a payé de droits d’entrée. Ce matin, la populace, armée de bâtons, de poignards, de piques et de lances…a formé le projet de mettre au pillage les hôtels de nos communs ennemis…On s’est fait délivrer les canons des gardes et les drapeaux de la ville, on a pris les armes chez les armuriers…On a conduit 52 voitures de blé à la halle, confisquées au couvent des Lazaristes…
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Mardi 14 juillet, on a couru aux magasins d’armes des Invalides…on prit des canons et des fusils avec acharnement…On a pendu plus d’un traître, confisqué les trésors de plusieurs aristocrates qui allaient se réfugier dans leurs châteaux, deux chariots aux armes de la reine chargés d’habits de travestissements et de grains…Les citoyens sentant la nécessité de s’assurer d’une forteresse, envoyèrent une députation pour engager le gouverneur à rendre la Bastille. Il promit de livrer des armes et de ne pas faire feu sur les citoyens…mais le baron de Bezenval, cet odieux étranger, lui recommanda de tenir bon contre le peuple, qu’il saurait l’en débarrasser.
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D’abord, on s’est présenté par la rue St-Antoine, pour entrer dans cette forteresse…Une décharge d’artillerie a renversé plusieurs gardes-françaises. Le canon a tiré ; quantité d’individus ont été tués ou blessés…On a couru chercher des canons… Les citoyens du faubourg St-Antoine ont attaqué par les jardins de la Bastille…On s ‘empare du corps-de- garde…On brise les chaînes du pont-levis à coups de canons… On met le feu à deux voitures…Le premier pont-levis tomba…On arrive dans la première cour…Un feu roulant ne cesse de part et d’autre…On incendie les logements du Gouverneur…On montait de toutes parts sur les toits tandis que le feu du canon perçait le deuxième pont-levis…Des enfants même, après le déchargement du fort, couraient ça et là pour ramasser les balles…L’ennemi fait abaisser le petit pont-levis…On égorge tout ce qui s’oppose au passage…On pénètre partout…Le traître Gouverneur est entre les bras de ses vainqueurs…On le traite en infâme…On ouvre les cachots…Arrivé sur la place de grève, le peuple a arraché les officiers des mains des vainqueurs, les a foulés aux pieds ; de Launay a été percé de mille coups ; on lui a coupé la tête… »
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    Fiche pédagogique      Révolution                                                                                   

 

 

Plus de 450 journaux différents paraissaient chaque semaine en France, pendant la Révolution. Certains, comme L’Ami du Roi, défendaient la monarchie et la religion. D’autres, tel L’Ami du Peuple voulaient leur disparition.
Les extraits de journaux suivants proviennent de l’un ou de l’autre de ces deux quotidiens datant de 1791. Indique de quel périodique ces phrases sont tirées : Ami du Roi – Ami du Peuple.
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1/ Je ne cesse de le dire depuis dix-huit mois : la machine politique, organisée comme elle l’est par nos députés, ne marchera point, ou elle ne marchera que pour dépouiller et opprimer la nation et tyranniser les amis de la liberté.

2/ Les rébellions, les révoltes contre l’autorité royale, les attentats contre l’ordre public, les violences, les pillages, les incendies, les meurtres, sont aux yeux des démagogues, des excès de patriotisme bien excusables, mais la plus légère opposition de la part des ecclésiastiques aux décrets qui les dépouillent, est un crime capital.

3/ Le nom de roi blesse les oreilles des démagogues. Il a fallu chercher un autre qualificatif. Le génie inventif de certains députés a imaginé celui de fonctionnaire public. C’est sous un nom commun aux dernières classes de la société, que le monarque sera désigné.


4/ Pour un membre de l’assemblée nationale, trafiquer son opinion, signifie vendre au roi les droits et les intérêts du peuple, trahir la nation : ce qui annonce toujours un traître, un conspirateur, un contre-révolutionnaire, c’est-à-dire un infâme scélérat, comme il y en a tant dans cette noble assemblée.

5/ La très grande majorité de l’assemblée nationale a ruiné la liberté naissante. J’excepte de cette horde gangrenée de valets de la cour, de prêtres dissolus et de juristes vendus, les pauvres d’esprit et quelques députés fidèles. Autrement, il faudrait regarder comme un troupeau d’imbéciles cette majorité pourrie, toute composée de ce que la cour et la ville comptait de fripons.

6/ Faire des lois, c’est un jeu d’enfants ; les faire exécuter et les faire respecter, c’est la plus belle réussite de la politique et de la sagesse humaine. Des intrigants ont égaré l’assemblée nationale. Ils lui ont enlevé le frein de la religion et des lois. Ils veulent qu’aujourd’hui, on respecte leur autorité après avoir appris au peuple à n’en reconnaître aucune. Les mêmes moyens dont ils se sont servis pour détruire la monarchie empêchent qu’on respecte leur travail.

7/ Tremblez, aristocrates ! Les citoyens et les citoyennes viennent de jurer de poursuivre tous ceux qui ne seront pas nationalement encocardés. Décorez vos chapeaux de cocardes et, sous cette mascarade nationale, vous pourrez agir et parler comme vous voudrez.


8/ Un coup du ciel a ramené dans nos murs ce monarque fugitif et indigne, avec toute son insolence, sa fourberie, ses projets désastreux, sa fureur et son désir de vengeance. A la vue du cortège de ce monstre sanguinaire, nous avons retenu nos chants d’allégresse. Citoyens, jamais les périls n’ont été aussi proches. Au moins étiez-vous sur vos jambes à la nouvelle de la fuite du tyran.

9/ Quel plaisir d’entendre tous ces beaux parleurs anti-révolutionnaires de l’assemblée nationale, transformés en imbéciles, déraisonner en voulant blanchir le roi et prouver que, grâce à la loi qui le déclare à l’abri de toute poursuite, il peut se couvrir de crimes, conspirer contre la sûreté publique, dépouiller ses concitoyens, insulter les lois, braver les tribunaux et n’être point coupable. Les jongleurs avaient trouvé que Louis Capet n’est pas un citoyen, mais un pouvoir. On pourrait leur reprocher d’avoir malicieusement confondu le fonctionnaire public avec la fonction, le roi avec la royauté.

10/ Nous sommes libres et donc, nous serons francs. Les discours rampants, les façons de parler tortueuses ne conviennent qu’à l’esclave des rois. Nous avons vu avec effroi que le peuple serait privé du droit d’énoncer son avis et de transmettre son souhait. Si l’opinion publique ne parvient pas à se faire entendre, on peut l’ignorer, la négliger, la contredire. Or, il sera douloureux et peut-être impossible au peuple, de se courber sous la contrainte des lois qu’il n’aura pas approuvées. 
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