La philosophie

 


 

        

                

          

        

L'Eglise et la mode: ça ne colle pas!
 Au 18è siècle, à l'image de la maison Dior, certains couturiers mettaient en valeur les charmes de ces dames, ce qui ne plaisait pas trop au Pape qui craignait que ses prêtres, en première ligne du combat contre l'immoralité, ne soient pris dans les filets de certaines ouailles un peu légèrement vêtues...
 "De Rome, le 20 décembre 1770: L'inconstance de la mode varie sans cesse les habillements du beau sexe; on pardonne à ses caprices lorsqu'ils ne sont que bizarres ou ridicules: on les proscrit lorsqu'ils tendent à l'indécence. Le Saint-Père vient de faire un règlement qui défend à toutes les femmes de quelque qualité qu'elles puissent être, de paraître dans les Eglises avec la tête et la poitrine découvertes ou chargées de ces parures singulières, qu'elles ont adoptées depuis quelques temps..."

Gazette des Deux-Ponts du 10 janvier 1771.

 

  

 

    Ephéméride du Citoyen, juin 1771

 "Du principe commun à tous les Beaux-arts et de leurs rapports avec l'utilité publique ~  Les Belles-Lettres ne doivent pas être regardées comme un simple objet de délassement... Les Poètes, les Orateurs et les Philosophes n'ont presque qu'une chose à faire, c'est de peindre fidèlement la nature... Tous les artistes peuvent rendre leurs travaux très utiles et si singulièrement touchants, en exprimant toutes les grâces de la nature, dans ce qu'elle fait de beau et d'honnête... Si la musique nous fait une sensation moins vive qu'aux Anciens, c'est qu'elle copie moins la nature qui est actuellement rétrécie et dépravée par des institutions qui la contrarient. Les Gouvernements oppresseurs même dans l'intérieur de leurs domaines ont étouffé le patriotisme... La Peinture et la Sculpture sont moins éloignées de leur effet naturel; sans doute parce...

    

   A partir de 1782, on trouve une autre publication économique périodique: la Bibliothèque Physico-Economique rédigée par Parmentier et Deyeux...

  

Diderot encyclopédiste

 

L'encyclopédie dérange

 

Le journal encyclopédique

 

Pierre Rousseau, réfugié à Bouillon

Le libraire Duchesne déclare au  sujet  de  Marivaux : "Personne  n'a  fait  plus subtilement  que lui l'analyse des Mouvements du  coeur : il en connaît les ressorts les plus déliés...   Ces  sortes  de découvertes  ont  exigé de sa part, un style convenable  à ce qu'il apercevait. C'est  ce style particulier  et  le  seul  qui convenait à la chose, qui l'a fait regarder  comme  Auteur singulier   dans  ses expressions: on n'a pas su sentir d'abord, que la finesse de ses pensées ne pouvait être rendue autrement ... et j'ose dire qu'alors on le condamna sans l'entendre..."

La Physiocratie

C'est une école de pensée économique et politique  qui  a vu le jour en France autour de 1750 et que l'on dit à l'origine du libéralisme. Son inventeur se nomme François Quesnay et Pierre Samuel du Pont de Nemours devint rapidement rédacteur du journal physiocrate Ephémérides du Citoyen, en 1768. Le gouvernement par la nature sert de ligne directrice à ce système économique et social.

 

 

...que les Peintres et les Sculpteurs vivent moins dans le tourbillon de nos cercles frivoles que les Musiciens... C'est aux Lettres et surtout à la Philosophie à guider les autres Arts vers la perfection; à leur rappeler sans cesse le but, qui est d'imiter la nature... Les Belles-Lettres  et la Philosophie peuvent convaincre tous les Souverains, que la plus grande  félicité qu'ils puissent éprouver, que le plus haut degré de puissance, d'autorité et de richesse auquel ils peuvent parvenir, ne saurait résulter que du plus grand bien-être de leurs sujets..."

     CONTRE L'ESCLAVAGE

 "... Les particuliers qui ont des esclaves, les Gouvernements qui les tolèrent, en rougissent en secret. Mais ils croient que c'est une grande économie... Quand la chose serait vraie, il faudrait se résoudre à payer le sucre plus cher plutôt que de violer les droits de l'humanité. Essayons d'estimer combien coûte le travail des nègres. Entre le prix d'achat d'un esclave, la perte pendant le voyage, le marronnage, la mort prématurée, le suicide et l'intérêt perdu sur l'argent investi qui se monterait à 10% l'an, l'entretien d'une milice pour protéger la plantation, on trouve un total de quatre cent vingt livres par an et par esclave. Nous demandons à présent si, parmi les vingt-cinq millions d'âmes en Europe, qui ont à peine trente livres par an pour subsister, il n'y aurait pas d'hommes libres qui fussent disposés à aller gagner vingt-huit sols par jour?..." (Ephémérides du Citoyen, juin 1771). 

       Le germe du changement     Page 9


En 1750, paraissent à Paris les premiers volumes de l’Encyclopédie dont le contenu a pour objectif officiel de relier entre elles toutes les sciences. La philosophie souhaite mettre l’homme et non plus Dieu, au centre du monde. Bien vite, les auteurs vont devoir continuer sa publication à l’étranger.
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On peut lire dans le Journal Encyclopédique du toulousain Pierre Rousseau, imprimé à Bouillon, l’extrait suivant : « Encyclopédie, tome 9…LIBELLE…Les libellés se trouvent sévèrement punis dans le gouvernement aristocratique parce que les Magistrats s’y voient de petits souverains qui ne sont pas assez grands pour mépriser les injures…Dans la démocratie, il ne convient pas de sévir contre les libellés, par les raisons qui les punissent criminellement dans les gouvernements absolus…LIBERTE DE PENSER…Cette généreuse force d’esprit lie notre persuasion uniquement à la vérité…et nous porte à examiner, à peser et à rejeter les préjugés de l’éducation et les contes puérils dont on a bercé notre enfance…Rarement, elle ose examiner les idées qu’on lui a suggérées sur la religion… » On comprend pourquoi l'auteur, après avoir quitté Paris fut obligé de se réfugier chez un aristocrate éclairé à Bouillon, le cardinal et évêque de Liège n'appréciant que modérément ce journal qu'il avait toléré à ses débuts.
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L’Ancien Régime, victime d’un déficit chronique de ses finances et d’un absolutisme qui se lézarde, va devoir rendre compte des lourdes inégalités qu’il a créées depuis des siècles. Les bourgeois cultivés et fournisseurs de richesses vont vouloir prendre leur part dans la gestion des affaires publiques. Louis 16 comprend qu’il faut céder sur quelques points mais, mal conseillé, il accumulera les maladresses et n’aura pas la force de caractère pour sauver son monde de privilégiés qui, comme on le voit actuellement, a été bien vite remplacé.
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Le manque important de liquidités menace de faillite la monarchie et le roi accepte de convoquer les Etats-Généraux pour trouver de l’argent. Afin de faire passer la pilule, il est demandé aux députés de s’occuper de la rédaction de cahiers de doléances.
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PREMIERE FEUILLE, 1722:

"Lecteur, je ne veux point vous tromper et je vous avertis d'avance que ce n'est point un Auteur que vous allez lire ici. Un Auteur est un homme, à qui, dans son loisir, il prend une envie vague de penser sur une ou plusieurs matières: et l'on pourrait appeler cela réfléchir à propos de rien.... Le choix de ces pensées est alors  purement arbitraire, et c'est là réfléchir en Auteur: ne serait-il pas plus curieux de nous voir penser en hommes? En un mot, l'esprit humain, quand le hasard des objets, ou l'occasion l'inspire, ne produirait-il pas des idées plus sensibles et moins étrangères à nous, qu'il n'en produit dans cet exercice forcé qu'il se donne en composant? ... Je viens de voir un homme qui attendait un grand Seigneur dans sa Salle: je l'examinais parce que je lui trouvais un air de probité, mêlé d'une tristesse timide: sa physionomie et les chagrins que je lui supposais m'intéressaient en sa faveur. Hélas! disais-je en moi-même, l'honnête homme est presque toujours triste, et presque toujours sans biens, presque toujours humilié: il n'a point d'amis parce que son amitié n'est bonne à rien... L'or et l'argent brillent sur les habits de cet autre. Ne rougit-il pas d'étaler sur lui plus de biens que je n'ai de revenu?... Quand le grand Seigneur vint dans la Salle, l'homme, pour qui je m'intéressais, ne se présenta à lui que le dernier. Mais le grand Seigneur sortait déjà quand il l'aborda. Il le suivit donc du mieux possible... J'entendis le grand Seigneur lui répondre, mais sans le regarder, et prêt à monter en carrosse: la moitié de sa réponse se perdit... Allez l'interroger, demandez-lui ce qu'il pense de ce grand Seigneur: il vient d'en essuyer cette distraction hautaine que donne à la plupart de ses pareils, le sentiment gigantesque qu'ils ont d'eux-mêmes..."

Une confirmation de Privilège apparaît en Février 1723 et on a ici la troisième édition de 1761 de l'ouvrage. Le journal est donné par Hatin comme publié dès 1722.

                                          PHYSIOCRATIE

        CONTRE LA CORVEE, par du Pont de Nemours, 1771.

"Nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs, le Mémoire d’un Seigneur qui a fait construire à ses frais un chemin de grande étendue. Ce n’est pas la nécessité des chemins que je veux démontrer, puisqu’elle n’est point un problème. Mon but est de prouver qu’ils ne doivent point être exécutés par corvées, dont la dureté est attestée par le mal qu’elles font aux Cultivateurs. J’appelle de leur misère à l’humanité des Propriétaires…Puisqu’il est heureusement permis à un Citoyen de penser et de dire ce qu’il pense en matière de bien public, voici les réflexions que je propose dans l’espérance qu’elles en feront naître de plus solides. Les travaux, de quelque nature qu’ils soient, ne sont jamais bien exécutés qu’autant qu’ils intéressent ceux qui les font ou les font faire. Or, rien de plus intéressant, pour un pays, que le bon état des chemins, afin de pouvoir transporter sûrement les productions de son sol aux foires et aux marchés voisins, et jouir par ce moyen des avantages de l’exportation et de l’importation. Les propriétaires devraient payer les deux-tiers des réparations et les habitants l’autre tiers. Il n’y a qu’un préjugé de la morgue et de la barbarie féodale qui ait pu faire croire à la Noblesse qu’elle était exempte de contribuer à ces sortes de frais. Heureusement, les vices de la féodalité n’existent plus parmi les gentilshommes, et ils sont tous persuadés qu’un sang, pour être noble, doit couler dans des cœurs justes et bienfaisants… Les Ecclésiastiques eux-mêmes, qui ont de si grandes propriétés, ne sauraient s’y refuser… L’humanité seule, est un motif assez puissant pour attendrir les Propriétaires, surtout depuis la liberté du commerce des grains, dont ils retirent le premier avantage. Quel spectacle, en effet, pour les âmes sensibles, que celui de la misère à laquelle semblent condamnés les habitants de la campagne, ces précieux Artisans de l’abondance publique…Chaque assistant se regardant comme actionnaire, veillerait à ce que ses fonds fussent bien administrés, dans une assemblée de Paroisse où chacun aurait le droit d’assister pour délibérer et sceller la délibération à l’unanimité des suffrages. On agirait conformément aux Juges des lieux pour les chemins vicinaux, et aux ordonnances des Intendants, pour les grandes routes de ville à ville… Ce défaut de liberté, joint à l’indifférence des propriétaires, et à leurs intérêts mal entendus, fait que la plupart de ces chemins sont partout mal réparés ; et voilà ce qui ferme les campagnes au bien-être, et les ouvre à l’indigence…Il y a quatre ans que je réparais dans ma Paroisse, un chemin dans un ravin… Il en coûta quatre-vingts journées pour le niveler et l’élargir d’un pied. Les eaux l’ayant dégradé, on le transporta sur un autre terrain qui vaut plus de quatre-vingt livres. Cette opération coûta cinquante journées, et le nouveau chemin, à l’abri des eaux et bien assis, a dix-huit pieds de large. Trois mille livres n’auraient pas suffi pour donner cette taille à l’ancien. On doit supprimer les corvées car c’est un axiome de droit, et qu’il faut restreindre les choses inutilement onéreuses. Or, la corvée est une chose rigoureuse, très onéreuse, très dispendieuse et très inutile. Elle condamne l’agriculteur à des travaux publics comme des criminels aux galères (encore ceux-ci reçoivent-ils une nourriture que l’on refuse aux autres)… De plus, il est de fait que l’agriculture est le grand élément de la richesse publique ; mais elle exige des travaux continuels, des efforts assidus et pénibles… Par conséquent, il n’est point de saison, ni de jour où l’on puisse déterminer la suspension des travaux champêtres… Le bon état des chemins exige l’abolition des corvées parce qu’ils doivent être bien faits, et qu’ils ne peuvent l’être lorsqu’ils sont exécutés par les Cultivateurs. Le Cultivateur ne fait travailler la terre que pour la fertiliser… Il y aurait peut-être danger pour lui à passer pour meilleur en corvée du canton…Les Troupes paraissent les plus propres à travailler aux chemins. Les Romains nous en ont donné l’exemple, et il fut imité en 1607 par Henri IV, qui employa six mille Soldats à construire le canal de Briare… L’expérience nous apprend que les ouvrages faits par les Soldats sont toujours plus promptement et plus solidement exécutés… Or la solde n’étant pas suffisante pour subvenir à de grand besoins en nourriture, il serait juste que les Provinces qui retireraient tout l’avantage de ces travaux militaires donnassent aux Soldats un supplément de paie… Mon opération en Bourgogne s’étendit sur onze mille toises qui coûtèrent à tracer et à mettre en état de service 2800 livres… Les corvées employées l’année dernière travaillèrent sur 130 toises pour lesquelles il en coûta 1800 livres en journées à la Paroisse ouvrière… Ce chemin, sans être achevé revient déjà à plus de 14 francs la toise et est encore impraticable. Je répétai en Forez, mes essais de Bourgogne et je fis élargir l’ancien chemin de Lyon à Clermont. Neuf cent quarante toises coûtèrent 407 livres. Chacune revient donc à 8 francs et 7 deniers. La multitude des arbres et des haies exigea une dépense plus forte que la première ; mais elle est, en proportion, plus de deux cent vingt fois au-dessous de celle que coûtèrent 1320 toises, auxquelles quinze Paroisses ont travaillé pendant quatre ans. Leurs corvées évaluées selon l’usage du Forez, la journée de bœuf à 2 livres et celle du journalier à 15 francs forment une contribution d’un quart plus forte que leur Taille de 1500 livres pour chaque Paroisse. En n’estimant ces corvées que sur le pied de la Taille, indépendamment des vexations qu’elles entraînent, et des pertes qu’elles causent, il leur en a coûté 90.000 livres et, par conséquent, chaque toise revient à plus de 68 livres..." (Ephémérides du Citoyen, juin 1771).

 
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