Journaux de    Hollande... et d'ailleurs
 
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 ELECTION DU    PAPE...!

"Il semble que les Cardinaux ne s'ennuient point dans le Conclave, bien qu"il y ait plus de cinq mois qu'ils y sont enfermés. Il est vrai qu'ils se divertissent souvent à se quereller et à s'injurier comme des Crocheteurs. Ils se disent tous les jours leurs vérités sans s'épargner et comme la matière est abondante, tous les nouveaux combats qui se livrent sont accompagnés de nouvelles injures. Le Cardinal Chigi a failli en venir aux mains avec le Cardinal Ottoboni. Il lui a reproché que le Pape défunt, son oncle, avait plus volé pendant quinze mois qu'il avait occupé le Saint-Siège, qu'aucun de ses prédécesseurs quelque long que leur règne eut été. Le Cardinal Ottoboni a reproché au Cardinal Chigi la pauvreté de sa famille avant qu'Alexandre 7, son oncle, parvint au pontificat, ses intrigues amoureuses et même quelques maladies peu honnêtes dont on dit qu'il a été attaqué... Cette aventure et plusieurs autres qui ne font pas honneur à cette assemblée, ont obligé le Cardinal Cibo qui en est le doyen à faire un long et pathétique discours où il a représenté d'une manière forte tous les désordres du Conclave jusqu'à dire qu'il ressemblait plus à une caverne de brigands ou à un nid de hiboux qu'à une assemblée conduite et inspirée par l'esprit de Dieu... (Mercure Historique et Politique de juillet 1691)... Les Cardinaux commencent à souffrir beaucoup de la longueur du Conclave, surtout pendant les excessives chaleurs de l'été. Ils se sont enfin déterminés sur l'élection d'un Pape, après cinq mois et demi de disputes. Ils jetèrent les yeux sur le Cardinal Anthoine Pignatelli... Pour réussir, il fallait gagner la faction française... Ils firent comprendre qu'on ne pouvait faire le choix d'un sujet plus désagréable au Roi d'Espagne... Le Cardinal Pignatelli fut reconnu Pape et prit le nom d'Innocent 12... "(Mercure Historique et Politique d'août 1691).

ORIGINE DU MOT MAGAZINE

 

En 1741, Rousset de Missy proposa a l’imprimeur Ryckhoff à Amsterdam, une publication hebdomadaire intitulée MAGAZIN des Evénements de tous genres. L’auteur nous indique : «  Il y a quelques personnes qui ont critiqué le Titre que nous avons donné à cette Feuille. La chose était assez indifférente, mais MAGAZIN a paru annoncer que cette publication serait un Recueil où l’on trouverait toutes sortes de choses, comme un MAGAZIN est destiné à renfermer toutes sortes de Marchandises. Outre cela, quelques Anglais, Gens qui méritent fort d’être imités, nous en ont donné l’exemple, dans une Feuille hebdomadaire, sous le même Titre et du même goût.

Dès 1731, on publia à LONDRES le mensuel THE GENTLEMAN'S MAGAZINE.

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Nouvelles de la République des Lettres

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Nouvelles de la République des Lettres, mars 1684 : « Mémoire concernant divers événements remarquables arrivés sous le règne de Louis le Grand, l’état où était la France lors de la mort de Louis 13 et celui où elle est à présent, Cologne chez Pierre Marteau : « L’auteur de ce petit livre se propose de louer le Roi Très-Chrétien d’une manière qui ne sente pas la déclamation et, pour cet effet, il compare l’état où est à présent la France avec l’état où elle a été sous le Ministère du cardinal Mazarin… Il fait une réflexion générale sur l’Education du Roi et soutient que, par  les artifices du Ministre, il a été aussi mal élevé que Prince puisse être… »    Nouvelles de la République des Lettres, avril 1684 ~ Histoire de la Ligue par Mr Maimbourg : « …Ce livre mériterait plus que tous les autres d’être lu par les Protestants parce qu’il montre la conduite des Catholiques de France par un si vilain côté, que si on compare les fautes des deux partis, on trouvera les leurs beaucoup plus légères que les fautes de la Ligue. Les chefs de la Ligue, ajoute Bayle, avaient sans doute plus de zèle pour l’agrandissement de leur fortune, que pour la gloire de Dieu… » Nouvelles de la République des Lettres, novembre 1685 ~ Réflexions sur la cruelle persécution que souffre l’Eglise Réformée de France et sur la conduite et les actes de la dernière Assemblée du Clergé de ce Royaume, 1685 : « Jamais peut-être on n’avait vu entre les Auteurs une diversité aussi bizarre que celle qui se rencontre présentement entre les Catholiques et les Réformés qui écrivent sur les conversions de France. Les premiers soutiennent qu’elles se font toutes par les voies de la douceur et de la Charité Chrétienne et font sur cela des exclamations continuelles. Les autres soutiennent qu’elles s’extorquent ou par la voie de l’achat, ou par celle des menaces, et qu’en dernier lieu, on y a employé une armée de cinquante mille hommes qui, à la tuerie près, ont commis tous les désordres qu’ils sont accoutumés de commettre lorsqu’ils vivent à discrétion dans un pays ennemi…  Les réflexions qui suivent sont fort désavantageuses à Messieurs du Clergé car elles font voir qu’ils ont dupé les gens avec leurs artifices…»

 Bayle apprend probablement la mort de son frère dans les prisons françaises et, en décembre 1685, il parle plus librement. La situation des Réformés en France se dégrade encore.

Nouvelles de la République des Lettres, décembre 1685 ~ La Trompette de la Paix ou Discours théologique sur la réunion de l’Eglise Romaine et des Protestants : « L’auteur de ce livre se dit Ministre de Prusse … Il le mériterait assurément par l’inclination qu’il témoigne à la Catholicité, d’une manière si visible qu’il y a bien des Moines à Paris qui n’écriraient pas au Pape d’un style plus flatteur… Il déclare qu’il n’y a qu’une Eglise Sainte, Catholique, Apostolique, répandue de par le Monde, hors de laquelle il n’y a point de Salut ; que c’est un attentat insupportable que de rompre l’unité de cette Eglise… L’Auteur avoue qu’il y a une grande division entre l’Eglise Romaine et les Protestants, mais il soutient qu’il est possible de les réunir ensemble… Là-dessus, il fait l’éloge de l’Eglise Romaine tout comme s’il aspirait au Chapeau de Cardinal… Il dit que pour connaître le sens de l’Eglise Universelle, il ne faut que s’informer de ce qui a été décidé dans les Conciles… »   Bayle ouvre son cœur sur la prétendue possibilité de raccorder les deux Eglises. Il ne partage pas le point de vue de cet auteur : « C’est bien la plus grande Chimère du Monde que de s’amuser à réunir des Religions, c’est chercher la pierre philosophale ou la quadrature du cercle… Y a-t-il rien qui rende l’homme plus farouche, plus impitoyable, plus loup à un autre homme, que le faux zèle qu’il conçoit contre une autre Religion ?… La réunion des Catholiques et des Protestants est impossible car l’Eglise Romaine ne peut rien sacrifier au bien de la paix… Voilà de quoi contenter ceux qui souhaitent, qu’au moins quelquefois, nous donnions notre jugement sur les matières qui sont traitées dans les livres dont nous parlons. »

        Une autre voix

 

La révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et les visites musclées des dragons de l’armée royale obligent de nombreux Protestants français à quitter le pays et à se réfugier en Hollande ou dans d’autres pays voisins plus tolérants. De leur retraite forcée, ils rédigent quelques journaux assez virulents que de nombreux français peuvent lire par abonnement :
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« Quoi que le Peuple soit fort accoutumé à exagérer les maux qui le pressent ; il n’est pourtant rien de si vrai que ce qu’on écrit de divers endroits de France de la misère qui y règne. Toutes les sources d’où ces peuples tiraient de l’argent sont bouchées & il ne faut pas laisser de payer & les impôts ordinaires, & les taxes extraordinaires qu’on a imposées depuis peu… S’il arrivait par malheur qu’une mauvaise récolte survint encore par dessus les autres maux qui accablent ce Peuple, ils ne sauraient que devenir… »
Mercure Historique et Politique, Février 1690.

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« Il faut avouer qu’il n’y a pas de Pays au monde où il y ait des gens plus habiles à fouiller dans la bourse des particuliers et à trouver de l’argent, que ceux que l’on trouve en France. A la nouvelle d’un nouvel impôt, ou de nouvelles Taxes, on croit toujours que ce sera la dernière et qu’après celle-là, il est impossible d’en pouvoir trouver quelqu’autre ; mais à peine cette Taxe est-elle exigée, qu’on est tout surpris d’en voir sortir un grand nombre d’autres, auxquelles on n’aurait jamais pensé… ».
Mercure Historique et Politique, Décembre 1691.

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« …Le nouveau Ministre prend au commencement quelques précautions contre la haine publique…On parle de faire une espèce de Chambre de Justice pour rechercher les Auteurs de divers abus… Le peuple aime à voir piller ceux qui se sont enrichis sur sa dépouille et à voir crever les sangsues qui se sont engraissées de sa substance…Le mal, c’est que ce ne sont pas ceux qui ont pris le plus, qui rendent davantage…On assure que M. le Duc de la Rochefoucaut, touché apparemment de la misère publique, a pris la liberté d’avertir le Roi que le nombre des pauvres dans la seule ville de Paris surpasse l’imagination et que, par conséquent, il devait être presque infini dans le Royaume…Sa Majesté…fut surprise de cette nouvelle et, ne pouvant le croire, demanda à M. le Dauphin si la chose était véritable…Un seul Edit de rigueur suffit pour faire une quantité de malheureux, combien faudrait-il d’Edits de grâce pour rétablir l’abondance ?… ».
L’Esprit des Cours d’Europe, octobre 1699.

                     

 Né en 1647 à Carla-le-Comte en Ariège, dans une famille protestante, Pierre Bayle étudie la philosophie chez les Jésuites à Toulouse. Ses études terminées, il abjure la religion catholique et, relaps,  doit  se réfugier à Genève en 1670. Il obtient la chaire de Philosophie à l'Académie de Sedan que Louis 14 supprima comme toutes celles issues du protestantisme et s'installe à Rotterdam où il devient professeur de théologie philosophie et d'histoire. Bayle publie plusieurs ouvrages dès 1682, dont La Lettre sur la Comète. C'est en mars 1684 que le savant commence l'écriture de son journal NOUVELLES DE LA REPUBLIQUE DES LETTRES où il commente chaque mois, un certain nombre d'ouvrages qui viennent de paraître.

Bayle  présente un manuel destiné à ceux qui ont abjuré la religion réformée et fait quelques commentaires : "Instructions pour les nouveaux Catholiques, à Caen, 1685 - Ceux qui raisonnent profondément sur ce qui se passe dans le monde, et qui croient fausse l'Eglise Romaine, ne peuvent assez admirer l'ardeur incroyable qu'elle témoigne pour faire des convertis. Elle n'oublie rien pour y réussir, elle emploie les promesses et les menaces, les Dragons et les Cuirassiers, les prisons et les cloîtres, l'exil et l'enlèvement des enfants..."  Nouvelles de la République des Lettres, mars 1686.

 

 

  Réfugié en Hollande pour cause de pensée non-conformiste, Pierre Bayle se met à écrire et à publier, tout en enseignant. Son "grand oeuvre" demeurera le fameux Dictionnaire historique et critique, édité pour la première fois en 1696. Cet ouvrage servira de modèle à l'Encyclopédie et au Dictionnaire philosophique de Voltaire. Sa revue Nouvelles de la République des Lettres qu'il rédigea seul, de 1684 à 1687, connaîtra un succès considérable et lui permettra d'établir un réseau de correspondance extrêmement important dans toute l'Europe.

Au bout de deux ans de séjour, il semble un peu désabusé par le médiocre niveau culturel qui lui est imposé à Rotterdam où l'on trouve peu d'ouvrages européens nouveaux à présenter et à commenter:" Il y a précisément deux ans que j'ai commencé de travailler à ces Nouvelles de la République des Lettres. Je croyais en commençant, que la Hollande était le pays du monde le plus propre pour cette entreprise. Je voyais qu'il y avait un nombre prodigieux de Libraires et d'Imprimeurs... et j'ai bien résolu, une fois pour toutes de ne juger jamais des choses sur des vues générales... J'ai connu qu'on ne voit ici que très peu de livres nouveaux imprimés en France..." Nouvelles de la République des Lettres, mars 1686.

   

  

 

 JEAN de la FONTAINE

Dans les lettres Historiques de Mai 1695, on trouve un article au sujet de Jean de la Fontaine:" L'Académie Française vient de faire une perte considérable en la personne de M. de la Fontaine, dont vous avez lu les ouvrages avec tant de plaisir. Il était original dans son genre. Ses Fables et ses Contes passent pour des pièces achevées... Il s'appelait Jean et avait fait lui-même son épitaphe sous ce nom:

"Jean s'en alla, comme il était venu;

Mangea le fond comme le revenu;

Tint les Trésors chose peu nécessaire.

Quant à son tems, bien le sut dispenser,

Deux parts en fit, dont il voulait passer

L'une à dormir, et l'autre à ne rien faire".

Il était de Château-Thierry, et mourut à Paris le 13 d'Avril, âgé de soixante et seize ans. on fut quelque tems  sans vouloir le recevoir à l'Académie Françoise, et il ne s'en souciait pas beaucoup. On trouvait quelque chose de trop libre dans ses ouvrages...

                        

           

 

     LA PRESSE A L'EPOQUE DE LA REVOCATION DE L'EDIT DE NANTES

  Dans la Gazette, feuille hebdomadaire, on trouve, au numéro 50, du 22 juin 1680 une nouvelle peu glorieuse : « On apprend que le Roi a fait un Règlement pour les Fermes, par lequel il veut qu’à l’avenir, seuls les Catholiques puissent être Fermiers-Généraux ou sous-Fermiers et défend de se servir, pour la levée des deniers, d’autres Directeurs, Commis ou Archers qui soient de la Religion prétendue Réformée. »

  L’information suivante, paraît dans le numéro 54 de la Gazette du 6 juillet 1680 : « Le Roy, qui ne prend pas moins de soin des intérêts de l’Eglise que de l’Etat, ayant été informé que quelques Catholiques, par séduction ou par intérêt imaginaire de leur fortune particulière, passaient dans la Religion prétendue Réformée, a fait publier cette semaine, un Edit portant défense à tous ses sujets de quitter la Religion Catholique, Apostolique et Romaine, sous peine d’amende honorable, de bannissement perpétuel hors du Royaume et de confiscation de tous leurs biens… »

  La pression s’accentue sur une partie de la population et les fameuses « dragonnades » commencent dans le Poitou. La Gazette reste très discrète sur la méthode employée, mais s’extasie sur les résultats obtenus. Gazette du 26 février 1681 : «  La semaine passée, on écrivit de Poitiers, la conversion d’un fort grand nombre d’Hérétiques… L’évêque de Poitiers, ayant eu avis que plusieurs habitants des villages voisins voulaient faire abjuration de la Religion Prétendue Réformée, y envoya son grand Vicaire, pour les recevoir… Le Sieur de Marillac, Intendant de la Province, déplaça aussi quelqu’un… de sorte qu’il y a eu deux cent dix-huit personnes converties en trois jours. L’évêque de Poitiers  a renvoyé des Missionnaires pour continuer de travailler à l’instruction et à la conversion des habitants… »

  Gazette du 19 mars 1681 : « Le 23, le 24, le 25 et le 26 du mois dernier, le Vicaire Général de notre Evêque, reçut encore l’abjuration de plus de cent habitants… Le Sieur Marillac, intendant de cette Province, s’est transporté en tous ces lieux pour inviter les peuples, au nom du Roy, par les seules voies de la douceur, sans aucune contrainte ni autorité, à rentrer dans le sein de l’Eglise… Il a envoyé un mémoire à Sa Majesté contenant les noms et qualités de quatorze cent cinquante personnes converties dans le seul mois de février. »

  De nombreux Protestants gagnent les pays voisins, ce qui sera le cas de Pierre Bayle qui finit par s’installer à Rotterdam où il va fonder son journal en 1684 : Nouvelles de la République des Lettres.

  Mercure Galant, août 1685 ~ Paris : « Je ne dois pas oublier, Madame, que je vous ai promis la suite des Conversions qui se sont faites dans le Béarn, pendant le mois de juin 1685. Depuis le commencement de mars jusqu’à la fin de mai, plus de quatre mille cinq cents personnes ont abjuré l’Hérésie de Calvin dans cette Province. Ces heureux succès ont continué et, dans les premiers jours de juin, ont produit plus de trois mille abjurations. La ville de Salies-de-Béarn a été complètement réduite. Mr Foucault, Commissaire de Sa Majesté, a engagé les Seigneurs Catholiques qui ont des terres où il y avait des Religionnaires, à aller incessamment travailler à leur Conversion, en quoi ils ont agi si efficacement qu’ils les ont presque tous ramenés à l’Eglise… Je n’ai pas bien su quels moyens on employa pour réussir dans cette entreprise, mais, au bout de onze jours, les habitants de Pau envoyèrent des Députés pour dire qu’on les avait enfin rangés sous les Lois et qu’il ne fallait pas des mains moins puissantes pour rendre la vue aux aveugles… »

    Le 31 octobre 1685, paraît le numéro 53 de la Gazette. La Révocation de l’Edit de Nantes tombe : « Le 22 de ce mois, on publia à Paris, un Edit du Roy par lequel Sa Majesté a révoqué l’Edit de Nantes de 1598, l’Edit de Nisme de l’an 1629, et tous les autres Edits et Déclarations donnés en faveur de ceux de la Religion Prétendue Réformée. Sa Majesté défend par cet Edit, de faire aucun exercice public de la même Religion dans son Royaume et ordonne que tous les Temples seront incessamment démolis… Sa Majesté enjoint à tous les Ministres de sortir du Royaume dans quinze jours et leur défend de faire aucun prêche ou exhortation, ni aucune fonction de Ministre, sous peine des galères. Ceux qui se convertiront continueront  à jouir des exemptions de tailles et de logement des gens de guerre et d’une pension d’un tiers plus forte que n’étaient leurs appointements... Sa Majesté défend toutes les écoles particulières pour les enfants de ceux de la RPR. Ceux qui naîtront seront désormais baptisés par les Curés des Paroisses, et élevés dans la Religion Catholique. Ceux de la RPR qui sont sortis du Royaume avant la publication de cet Edit, pourront y revenir dans les quatre mois, à faute de quoi leurs biens seront confisqués… »

  Gazette No 56, du 17 novembre 1685 ~ De Paris : « On a publié ici cette semaine, trois Arrêts du Conseil d’Etat. Par le premier, le Roy défend à tous les Avocats faisant actuellement profession de la Religion Prétendue Réformée de faire aucunes fonctions d’Avocats en aucune Cour ou Juridiction… »

       

    

 

 

Mercure Historique et Politique, 1690

 

La France d'en haut

 

La France d'en bas

 

L'Esprit des Cours de l'Europe, 1699

C'EST DE LEUR FAUTE!

"Malgré tous les soins  que la cour a pu prendre pour faire venir des grains dans le Royaume, pour les répandre dans les provinces et pour obliger ceux  qui en ont à les porter régulièrement  aux marchez, on s'aperçoit  de plus en plus de leur diminution et  la disette commence à se convertir en famine en divers lieux. Il y a des endroits où le pauvre peuple ne mange plus que du pain de racines, dans lequel on mêle un tiers ou une moitié de farine d'orge. En Normandie, il n'y a plus de sûreté à la campagne. Les pauvres s'y assemblent par centaines et par milliers, et dans le désespoir où la faim  les jette, ils enlèvent les Bestiaux, dépouillent les passans, et pillent les Chariots et les Voitures publiques..." ( Lettres Historiques contenant ce qui se passe de plus important en Europe, août 1709).

 

 

 
Le livre dont on est le héros...
           

Sur le site du Musée la Fontaine, devenez le héros du Grand Siècle et découvrez la vie de ce fabuliste qui sous couvert de faire parler des animaux , critiqua quelque peu les travers de son siècle... Cliquez sur l'image et ouvrez bien les yeux!

      ECOLOSTORY: c'était mieux avant!
      L'OURS, AUTREFOIS
 

 Les papiers publics de Suède, du 12octobre 1771, rendent compte d'un événement fort extraordinaire qui peut engager à examiner la nature et le caractère de l'ours... Les savants qui ont écrit sur ces animaux, ne s'accordent guère... Voici le fait: une jeune fille de l'âge de 12 ans, nommée Larin, fille du paysan Engelbert, habitant un village de la Province de Warmeland, gardait un troupeau de bêtes à cornes dans une vallée étroite, terminée d'un côté par une forêt épaisse. Elle vit un ours, d'une grosseur monstrueuse, sortir de cette forêt, vers la fin du jour; il s'élança sur le troupeau, se saisit d'un boeuf qu'il assujettit avec ses griffes, et qu'il s'efforça de mettre en pièces. La petite fille, sans s'effrayer à la vue de la bête féroce, courut ramasser une pièce de bois assez pesante pour ses forces, et vint frapper l'ours sur le dos. L'animal se tourna et saisit l'enfant par le corps; elle avait heureusement un corset épais, et les griffes et les dents de l'animal ne pénétrèrent point jusqu'à la chair... Il la porta  à une distance d'environ cent pas de son troupeau, et la mit à terre. L'ours lui ôta alors sa coiffure, et se retira un peu plus loin, d'où il se contenta de la regarder...(Gazette des Deux-Ponts, du 11 novembre 1771).

   

Jamais contents, les bergers pyrénéens ont ici une solution imparable: embaucher une jeune bergère suédoise et la munir d'un corset épais. Les dents et les griffes de l'ours, après avoir reçu un coup de bâton, ne pénètreront pas dans la chair. Voilà, le tour est joué et qu'on n'en parle plus! Une bergère suédoise peut faire l'affaire également...

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D'AUTRES JOURNAUX De HOLLANDE

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Tronchin du Breuil, né en Suisse en 1641, s’installa à Paris mais, refusant de se convertir au Catholicisme, il fut emprisonné puis libéré et se réfugia à Amsterdam où il publia une feuille intitulée Lettres sur les Matières du Temps. Dans le numéro 6, du 15 août 1688, l’Auteur déclare : « Nous apprenons, par des lettres de France, que l’affaire des nouveaux convertis n’est pas prête à finir et qu’elle occupe les Conseils de Sa Majesté, pour aviser aux moyens de prévenir les suites de ces assemblées qui se continuent en tant de lieux pour y prier Dieu. On les écarte autant que l’on peut. On emprisonne ; on pend ; on fait grâce. Ces remèdes sont impuissants contre la cause du mal… Vouloir proposer un changement de croyance, sans y admettre le consentement du cœur, c’est tenter une chose aussi impossible que de vouloir empêcher la fumée d’un embrasement avant que de l’avoir éteint ; et les malheureux qu’on châtie en ces occasions sont punis, moins par leurs fautes, que par celles d’autrui ; je veux dire les fautes de ceux qui les font agir par contrainte pour une affaire qui ne concerne en aucune façon l’Etat, mais le Tribunal de la conscience. Il y a certainement de quoi s’étonner que la France, si éclairée en toute chose, puisse tomber dans cet inconvénient… »

  Un ancien capitaine des Mousquetaires du Roi, licencié après les guerres, se reconvertit en écrivain et journaliste. Il fonde le Mercure Historique et Politique imprimé à la Haye à partir de 1686. Courtilz de Sandras, circule entre la France et la Hollande afin d’éviter  la censure et les frais de Privilèges nécessaires à toute publication en France.

   Mercure Historique et Politique, avril 1689 : « On continue de persécuter les Réformés qui ne veulent pas aller à la Messe, ou qui s’assemblent en des lieux écartés pour prier Dieu… On en a pendu plusieurs à Valence, à Die... On en a envoyé quantité des environs de Niort aux galères. Dans le Béarn, on en surprit mille six cents qui priaient Dieu. On fit main basse sur eux. L’Intendant en fit pendre six des principaux et, ayant appris qu’on les avait ensevelis, il les fit déterrer et jeter à la voirie… La conduite de la France, à l’égard des Réformés, est tout à fait singulière. Elle les persécute, elle les flatte ; elle maltraite ceux qui sont demeurés dans le Royaume ; elle rappelle ceux qui en sont sortis…Dix ans plus tard, où en est-on ? La situation des Réformés est toujours dramatique. De nombreux Protestants n’ont pas vraiment cédé. Le Sieur Gueudevile, Bénédictin à Rouen, converti à la Réforme, s’installe à Rotterdam en 1690, puis à La Haye où il fonde son périodique L’Esprit des Cours de l’Europe. Comme on le sait, Louis XIV a englouti des sommes énormes dans la guerre et ses caisses  toujours vides, l’entraînent à augmenter les impôts supportés majoritairement par le peuple.

 L’Esprit des Cours de l’Europe, octobre 1699 : « On assure que M. le Duc de la Rochefoucauld, touché apparemment par la misère publique, a pris la liberté d’avertir le Roi que le nombre des pauvres, dans la seule ville de Paris, surpassait l’imagination et que, par conséquent, il devait être presque infini dans le Royaume. Sa Majesté, qui a une tendresse extraordinaire pour son pauvre peuple, comme le dit le Révérend Père Ménestrier, surprise par cette nouvelle, ordonna à M. de la Rochefoucauld d’y apporter les remèdes nécessaires.

   L’exécution de cet ordre est difficile car il est plus aisé de prendre au peuple que de lui rendre…  L’affaire de la Religion va toujours de mal en pis. On doit tenir à Fontainebleau, un Conseil extraordinaire sur ce vieux sujet, en présence du Roi. Les nouveaux Réunis en espèrent quelques adoucissements. Les personnes de bon sens présagent le contraire… On a publié dans le monde que de grands Ministres de la France avaient dit, dans les Pays Etrangers « Que si Sa Majesté Très Chrétienne avait à recommencer, elle laisserait ses sujets Protestants en repos… » Ce rapport m’est un peu suspect car avons-nous jamais vu le Roi de France se repentir de rien ? Pourquoi le Roi voudrait-il recommencer ? Il a cassé les Temples de ceux qui, disait-il, pouvaient renverser la Monarchie... Il a eu la joie de voir sa Mission Militaire efficace : le plus grand nombre a plié sous la barbarie du Dragon... A présent même, tout ne va-t-il pas selon ses intentions ? On confisque, on emprisonne, on traîne à la voirie, on enlève les enfants. En un mot, les ordres de Sa Majesté sont exécutés par tout le Royaume avec tant de ponctualité qu’il ne s’agit plus que de faire bâtir de nouvelles prisons, ou de faire équiper de nouvelles galères pour abolir les restes de ce déplorable parti… »

         

                          

       Election du pape

             

      
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